Il est midi. Le chauffeur est venu nous chercher à l'aéroport.
Mes premières impressions sont contraires à celles que j'attendais.
Je suis un peu déçue...le temps est gris.
Mais bon, ne nous arrêtons pas à ça.
J'attends beaucoup de ce voyage. Peut être trop.
Sur le trajet vers l'hotel, mes idées sont un peu confuses.
Le ciel est gris, les gens sont gris, moi, ça me touche.
Alors que nous voyageons dans une voiture climatisée, dehors, ce sont des paysans qui vendent des fruits et légumes sur le bord de la route, des ouvriers qui attendent, assis sur les talons,
qu'un bus vienne les chercher probablement.
Tous circulent sur des mobylettes datant de la guerre et tous portent un masque, pour la pollution.
La pauvreté et la tristesse des gens me choquent.
Je ne dis rien. J'ai le coeur serré.
Je pensais trouver un pays de soleil et de sourires.
Là, tout me fait penser au décor d'un pays de l'Est.
Mais ce n'est que le premier jour de 3 semaines de périple.
Je me dis que c'est la pollution, qui est, il est vrai plutôt oppressante.
Je me raccroche au fait que ma langue maternelle sonne agréablement à mon oreille.
Nous lâchons nos valises à l'hôtel, qui d'ailleurs est d'un vieux style colonial.
Puis, nous décidons d'aller faire un tour.
La première approche est donc difficile pour moi.
Mes parents m'avaient prévenue pourtant.
Mais malgré tout, je ne suis pas une touriste comme les autres.
Ces gens là, sont un peu de ma famille, et c'est difficile de voir que nous,
les Viêt Kieu vivont bien à l'étranger et avons une bonne situation,
alors qu'au Vietnam, une chape de plomb semble s'être abattue sur Hanoi.
Les étrangers trouvent à cette ville beaucoup de charme.
Pas moi.
C'est la misère, les gens sont pauvres, et semblent résignés.
J'étais gênée d'être là, avec mes liasses de Dong, et d'être une simple observatrice de cette ville qui s'est arrêtée dans le temps
Le réseau d'électricité est pas mal non plus.
Il ne fait pas chaud. 20°C. Nous avons gardé pull et veste.
Du bruit partout, des motos partout. Et partout du gris.
Nous sommes un peu déboussolés à vrai dire.
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